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vendredi 10 septembre 2010

Linux à 1% ? C'est sans doute très sous estimé...

Les parts de marché des ordinateurs de bureau ou portables équipés de Linux font régulièrement l'objet d'articles dans la presse spécialisée. Immanquablement, on nous présente la pénétration de Linux comme ne dépassant pas 1%. Même Wikipédia s'y met. Les méthodes de calcul permettant d'obtenir ces résultats sont également régulièrement remises en cause. Il n'existe par ailleurs pas de source d'information indépendante bénéficiant de chiffres fiables. Les méthodes basées sur la fréquentation des sites internet sont entre autres particulièrement sujettes à caution.

Je viens de tomber sur cet article qui présente pour sa part une méthode alternative. De cette méthode ressort une part du marché des ordinateurs personnels à 8% :

  • Le comptage ne s'occupe que des parts de marché des ordinateurs personnels, soit les ordinateurs de bureau, portables, netbooks. Les serveurs ne sont pas comptés. On sait que Linux domine largement ce monde là.
  • La méthode démarre des parts de marché sur les netbooks. Selon ABI Research, 32% des netbooks vendus en 2009 l'auraient été avec un système Linux, ce chiffre n'intégrant pas les machines sur lesquelles Windows est vendu avec un dual-boot. Dans ce dernier cas, Windows est considéré comme le système de la machine.
  • Début 2009, Dell annonçait qu'un tiers de ses netbooks étaient vendus avec Ubuntu.
  • Selon Forester Research, les netbooks représentent 18% du total des ventes de machines de bureau (Ce chiffre est valable pour les États-Unis).
  • Un rapide calcul présente donc dors et déjà une part de marché de 6% pour les seuls netbooks, soit un tiers des 18%.
  • Il y manque encore les machines de bureau non mobiles et les portables hors netbooks. Le salut vient de...Steve Balmer, PDG de Microsoft, selon lequel la part de marché de Linux est supérieure à celle de MacOS. Ces chiffres sont évidemment très sujets à caution, compte tenu de la source (On sait Microsoft particulièrement friand d'interprétation des chiffres). Mais on sait également qu'Ubuntu et Fedora sont désormais considérés comme des concurrents sérieux. On ne peut cependant imaginer Balmer pointant du doigt Linux comme concurrent plus sérieux que MacOS pour une part de marché de 1%. On peut donc raisonnablement penser que le minimum est de 2%. Additionnés au 6% des netbooks, on arrive bien à 8%.

La méthode proposée n'a rien de plus scientifique que les autres, mais a le mérite d'exister. Elle nous rappelle que nous n'en savons rien. On pourrait toujours arguer que certains achètent une machine pré-équipée d'un noyau Linux pour des raisons économiques. Cette affirmation tombe d'elle-même lorsque l'on sait que dans la plupart des pays, il n'y a pas de différence de prix entre une machine équipée de Windows et la même machine équipée d'un système GNU/Linux. Par ailleurs, il est impossible de comptabiliser toutes les machines Linux installées à partir d'un seul et même téléchargement. Cette situation est très loin d'être anodine : Les connexions haut-débit sont encore loin d'être la règle, sans même parler des lieux où il n'existe aucune connexion.

Il est également indéniable que l'utilisation de Linux comme noyau de systèmes (libres ou non) est en forte progression. Mais cette croissance ne rend pas leurs utilisateurs plus libres, s'ils n'ont pas conscience de leur liberté, ou si les fabricants ne font pas les efforts de libération nécessaire, voire s'ils décident de restreindre un peu plus cette liberté[1]. Elle nous rappelle également que seule l'optionnalité[2] et la publication de chiffres de vente fiables permettront de réellement mesurer le taux de pénétration des systèmes libres.

Je ne peux m'empêcher de rejoindre l'auteur dans sa citation de William James, en introduction de son article : "There's nothing so absurd that if you repeat it often enough, people will believe it." (Traduction à la Rache :"Il n’y a rien de suffisamment absurde pour que si vous le répétez suffisamment souvent, les gens ne finissent par y croire.").

Notes

[1] Apple utilise exactement le même argument pour justifier le verrouillage de l'iPhone sur le seul Apple Store.

[2] seule option permettant de donner leur chance à TOUS les systèmes alternatifs, et non aux seuls GNU/Linux

mardi 9 mars 2010

Il y a encore du chemin à faire

Le site Les numériques vient de publier un test du Zotac MAG HD-ND01. Cette machine a une caractéristique qui paraît essentielle aux yeux des libristes : Elle est vendue sans système d'exploitation. Formidable, me direz vous.

Et bien, ce n'est pas l'avis du site qui identifie cette caractéristique comme un point faible. Zotac_MAG_HD-ND01-Les_Numeriques.png

À chaud, on pourrait avoir tendance à trouver gonflé qu'un site parlant de numérique y voit une lacune. Si on y réfléchit un peu, on se dit alors : "Oui, mais ça c'est un vrai problème pour Madame Michu". Peut-être, mais ça reste à démontrer. Et puis on lit quand même avec attention le test, notamment 2 choses :

"Libre à vous d'y installer le logiciel de votre choix par la suite. Si ce choix est intéressant pour les utilisateurs de logiciels libres, ce n'est pas une bonne nouvelle pour les utilisateurs de Windows qui doivent débourser au moins 80 euros en plus pour se payer une licence en OEM."

"Si vous n'avez pas de lecteur graveur externe et que vous avez réussi à installer votre OS depuis une clé USB, vous pouvez partager en réseau celui de votre ordinateur principal"

Curieuse perception des choses :

  • Un acheteur qui achète une machine déjà équipée d'un système et de logiciels paie les licences. Il ne s'agit donc pas de débourser en plus, mais de savoir ce que l'on paie, ce qui n'est jamais le cas sur une machine pré-équipée. Si la machine avait été vendue avec un système, voire des logiciels pré-installés, il est évident que son prix aurait été très différent. Les nombreuses actions gagnées grâce à Racketiciel sur ce sujet le démontrent au quotidien. Mais ça ne passe pas sur TF1. Par ailleurs, il n'y a pas que les utilisateurs de logiciels libre qui ont un intérêt à acheter des machines sans OS.
  • Il est évident que Madame Michu, cette inculte du numérique qui n'est pas foutue d'installer un système, saura sans aucun problème partager en réseau un lecteur de DVD installé sur une autre machine.

Une fois de plus, l'information est présentée de manière erronée, et incomplète, d'autant plus par un site parlant de numérique. A priori, on peut penser qu'ils savent de quoi ils parlent. Manifestement, il y a encore des lacunes. Et une fois de plus, on ne peut manquer de mettre en avant l'optionalité, qui résoud aussi bien les problèmes de Madame Michu [1] que les problèmes des utilisateurs de logiciels libres. Mais ça ne fait évidemment pas le jeu des lobbyistes qui arpentent les couloirs fréquentés par nos dirigeants politiques (oui, ceux là même que nous élisons)

Notes

[1] Même si elle n'en a pas conscience