Changement de licence : Je passe au libre
Par Gilles le jeudi 16 avril 2009, 10:12 - Logiciels libres - Lien permanent
Jusqu'à présent, à de rares exceptions mentionnées explicitement dans le billet concerné, tout le contenu de ce blog était placé sous licence Creative Commons BY-NC-SA. Cette licence permettait reproduction, distribution, communication et modification, sous réserve de paternité, de respect des termes et d'une utilisation limitée à des fins non commerciales. Elle ne peut donc pas être considérée comme une licence libre, puisqu'elle intègre une clause restrictive.
j'ai beaucoup introspecté, me suis auto-parlé et suis finalement tombé d'accord avec moi-même (pas aussi facile qu'on veut bien le penser).
Pourquoi restreindre ce droit ?
Je ne gagne aujourd'hui pas d'argent avec ce blog et n'ai aucune intention de tenter de monnayer directement son contenu. Je ne vois d'ailleurs pas ce que je pourrais gagner, à part quelques clopinettes en ajoutant de la pub. Sur cette possibilité, je me suis clairement prononcé contre l'ajout de publicité, tel que vous pouvez le constater dans le footer : Le rapport gain financier/perturbation des utilisateurs est très nettement en défaveur des lecteurs, et je suis par principe opposé au martelage publicitaire . Donc c'est non une bonne fois pour toutes.
D'aucuns pourraient avoir des vélléités de re-vendre mes créations (Ouh, c'est un grand mot ça
). Dont acte, je ne suis pas certain qu'ils en tirent grand chose, à moins d'en faire un livre dont le nombre de ventes ne devraient pas excéder 5 (dont Tata Simone, à qui je me ferai un plaisir d'en offrir un exemplaire, rien que pour l'obliger à me lire). Il y a donc très peu de risques que d'autres que moi gagnent des fortunes avec mes modestes lignes. Et quand bien même ça arriverait, la clause de paternité me ferait connaître dans le monde entier (A moi la célébrité et les procès avec Voici).
Je n'ai donc pas de raison de restreindre l'usage de ma prose. Usez si vous en avez l'usage.
Paternité et viralité sont dans un bateau
Restent les clauses de paternité et de viralité. Je ne considère pas ces clauses comme restreignant les droits des lecteurs, mais suis ouvert à la discussion sur ce sujet.
Sur la paternité, il me semble bien normal que ce que j'écris me soit attribué. Au contraire, cette clause protège l'utilisateur, puisqu'il ne prend alors pas de responsabilité sur le contenu que j'ai créé. Je vous protège. De toute manière, même que je voudrais abandonner ma paternité, que je pourrais pâs (droit européen).
En ce qui concerne la viralité, elle garantit que toute dérivation ou reproduction respectent les mêmes règles, grâce à l'utilisation de la même licence (ou d'une licence compatible) dans ces travaux dérivés. Mes quelques lignes n'ont donc plus qu'à envahir le monde dans les mêmes conditions.
Et maintenant on fait quoi ?
Et bien maintenant, je change de licence pour une autre Creative Commons (parce que c'est facile à utiliser), la BY-SA. La différence, c'est que la clause de non-utilisation commerciale n'existe plus. C'est effectif à partir de maintenant et en plus, j'ai décidé avec moi-même que ce serait rétro-actif (C'est Retour vers le Futur).
Pour résumer...
...ou pour ceux qui ont la flemme de lire l'ensemble du billet, grâce à ce changement de licence :
- Je vais bientôt être célèbre.
- Je vous protège.
- Je vais envahir le monde.
- J'ai le pouvoir de voyager dans le temps.
- Je soutiens l'activité économique : je devrais être cité en exemple par le gouvernement français (au lieu de nous pondre des lois à la con - tout lien avec l'actualité est purement fortuit)
Le libre, ça donne aussi des super-pouvoirs (Non, je ne porte pas mon slip au-dessus de mon pantalon).







Commentaires
J'applaudis, non seulement le changement, mais surtout la réflexion sur les licences.
Petite précision : de toute façon, en droit européen (sauf UK ? j'ai un doute), on ne peut renoncer à sa paternité. D'ailleurs, le projet CC prévoyait des licences sans clause BY au début, mais les a retiré, tellement elles étaient peu utilisées, même aux US.
J'ai eu la même démarche que toi pour la choix de la licence de mon site :
http://www.ubuntulinux.fr/index.php...
Bravo pour ton choix
@Vlad : Arf ! Bonne remarque. J'y avais d'ailleurs pensé et puis j'ai oublié (petite tête que je suis). J'ai mis à jour le billet.
J'ai eu la même réflexion que toi pour en arriver aux mêmes conclusions et je ne porte pas mon slip par dessus mon pantalon moi non plus... comme quoi les mêmes causes produisent bien les mêmes effets
J'ai personnellement mis, dès le départ, mon blog sous licence CC-BY, tout simplement parce que ça me paraissait naturel. Je ne comprends absolument pas les raisons qui pourraient pousser à ne pas rendre Libre quelque chose dont on ne tire aucun profit (donc quelque chose qu'on ne vendra de toute façon jamais, etc).
http://louiz.org/blog/?p=182)
(je permets de mettre un lien vers mon billet à ce propos, parce que je trouve que c'est bien dans la continuation du sujet
Même réflexion que toi, pour ma musique je suis passée de la CC-by-nc-sa à la LAL (licence Art Libre)
http://whythea.fr/component/content...
@ vlad : je confirme, les licences CC sans le by comme la CC0 ne sont pas utlisables en France ni dans les pays qui intègrent le "droit moral". L'attribution de paternité est donc le minimum pour respecter chez nous le CPI (code de la Prop. Industrielle...euh pardon...intellectuelle ^^).
J'aime beaucoup le résumé itou
pas de slip sur le pantalon, okay. Mais quand est il du collant archi moulant?
@lanoux : J'ai essayé, mais ça n'est pas très confortable et ça ne se voit pas dans mes billets
@Yza : Bravo. Peu d'artistes ont la même démarche; En plus une girolienne \o/
Hello,
Ce billet tomba à point !!!
Je suis aussi en pleine réflexion sur les licences.
Tout d'abord j'ai appris que la GPL n'étais pas "M. Chic Type" selon les terme de Stallman
http://www.gnu.org/philosophy/pragm...
et son coté viral m'a bcp plu.
Je viens de comprendre que la CC : SA utilise le même principe de copyleft.
Par contre je ne comprends pas votre point de vu au sujet commercial : alors certe, la paternité permet d'envahir le monde mais je crois qu'il faut prendre le problème de l'autre sens :
Je créé un contenu qui a peut être une valeur quelconque (au hasard, un petit guide sur zabbix), ledit guide prend de la valeur et de l'exhaustivité et une entreprise quelconque qui ne veut pas se taper la réalisation d'un manuel utilisateur, le récupère, l'améliore (ou pas) et le vends à ses clients (avec mon nom, en tout petit sur la dernière page). Elle en a le droit et a produit de la valeur sur mon travail, la licence ne me permet pas de demander des royalties, bref je suis une bonne pomme et l'entreprise a eu bien raison ...
Bref, je suis en plein pyrrhonisme...
Simon G,
L'entreprise gagne de l'argent avec le travail que tu as fait, mais si cette entreprise avait ignoré ton guide, tu aurais gagné de l'argent, toi ? Donc ça te change quoi ?
Je comprends pas ce raisonnement de « on gagne de l'argent avec mon travail, pendant que moi non, donc c'est pas sympa ».
J'admets ce raisonnement puisque c'est aussi le mien.
Sur le principe c'est sur qu'un autre gagne et moi non, ne me dérange pas. Mais quelque part, je produit un travail, que j'ai envie de partager en le laissant gratuit, et je n'ai pas envie qu'un tiers empêche le partage de ce travail. Je veux qu'un maximum de monde en profite gratuitement !
Si une entreprise veux gagner de l'argent qu'elle le fasse sur sa propre valeur ajoutée.
@louiz' Je trouve qu'il faut avoir un sacré manque que considération pour son propre travail pour choisir une licence commerciale. Le copyleft permet bien sur d'avoir une "mise en commun" des connaissances mais je n'arrive pas à concevoir que qqn fasse de l'argent avec mon travail. C'est une sorte de justice des choses : je tue une brebie avec ma massue, je la mange ! Je la partage éventuellement avec ma famille mais je ne veux pas que les autres en tire plus de profits que moi
C'est naturel je trouve, le contraire serait comme donner un baton pour se faire taper !
Hen attention, cela ne veux pas dire que je suis contre le reste, je trouve parfait le principe de partage des connaissances engendré par les licences libres, je ne veux juste pas que l'on monnaie MON travail
J'ai mis mes billets en CC by car je n'ai aucune raison de restreindre mon travail.
Certains ne comprennent pas que l'on puisse autoriser la commercialisation, comme simon G, moi j'ai plutôt tendance à l'encourager ; on peux très bien écrire des billets/articles intéressants et un éventuel auteur peut avoir besoin d'en citer des exemples pour sortir un livre génial pour tout public par exemple.Je serais même content de voir un livre contenant mes propos.
Par conséquent j'autorise aussi le changement de licence si cet auteur ne veut pas publier sous licence libre, c'est son droit, d'autant que mon droit d'auteur reste comme le spécifie la licence CC.
C'est comme les logiciels, je préfère les licences type BSD que GPL car GPL oblige à redistribuer sous une licence compatible, ce qui est une restriction à mes yeux.
Pour conclure, tu as eu une très bonne démarche. Félicitations
@martin et simon G : Pourquoi une entreprise aurait elle une valeur ajoutée que je ne peux pas avoir moi-même ? Elle peut mettre en place des moyens que je n'ai pas (c'est de la valeur ajoutée), elle peut avoir des contacts que je n'ai pas (c'est de la valeur ajoutée)...
Sinon, à moi d'être le plus malin et de proposer ma propre valeur ajoutée sur mon propre travail. Qui plus est, le créateur reste celui qui est sensé connaître le mieux son affaire.
Simon G,
»
« je tue une brebie avec ma massue, je la mange ! Je la partage éventuellement avec ma famille mais je ne veux pas que les autres en tire plus de profits que moi
Mais pourquoi ? Si tu tues une brebis, tu en manges la moitié, tu n'as plus faim pour aujourd'hui et tu n'as aucun moyen de la conserver jusqu'à demain (pas de réfrigérateur). Tu fais quoi ? Tu l'offre à quelqu'un qui passe ou alors tu la laisse pourrir chez toi, parce que c'est TOI qui l'as tuée alors tu la gardes ?
Évidemment, si tu as encore faim, tu manges la brebis en entier. Et je ferais pareil. Mais là on parle d'un cas où tu n'as PLUS FAIM (c'est à dire que ton œuvre ne t'apporte rien, à toi, mais peu l'apporter à quelqu'un d'autre).
« C'est naturel je trouve, le contraire serait comme donner un baton pour se faire taper ! »
Sauf que personne ne te tape ici. C'est plutôt comme offrir un cadeau QUI NE TE COÛTE RIEN à quelqu'un.
Ha la la ce simon G, quel boute en train !
Je crois que vous oubliez aussi un point important que mentionne Poupoul2 dans son billet :
). Dont acte, je ne suis pas certain qu'ils en tirent grand chose, à moins d'en faire un livre dont le nombre de ventes ne devraient pas excéder 5 (dont Tata Simone, à qui je me ferai un plaisir d'en offrir un exemplaire, rien que pour l'obliger à me lire)."
"D'aucuns pourraient avoir des vélléités de re-vendre mes créations (Ouh, c'est un grand mot ça
Il faut rester lucide, ce ne sont pas quelques billets de blog qui vont avoir une grande valeur marchande (je ne critique pas le contenu, on est d'accord, je mets d'ailleurs mon blog dans le même sac).
Par ailleurs, utiliser une licence CC BY NC peut poser soucis. Pour ma part, j'ai toujours quelques scrupules à reprendre un bout d'article ou une photo flickr sous cette licence tout simplement parce qu'il y a une bannière publicitaire sur mon blog. Est-ce que j'enfreins la licence CC BY NC si je publie une photo sous cette licence sur mon blog qui affiche une bannière adSense ? Je pense que certains auteurs ne seraient pas gênés par cela et pourtant ils perdent une façon de se faire connaître en choisissant cette licence car certains sites ne publieront pas leurs créations uniquement pour cela. Mais je respecte le choix de chacun.
@jp.fox : Je te rappelle que grâce à cet changement de licence, je comptais bien m'enrichir et envahir le monde. Tu brises mes illusions
Oups, désolé
je cite : "Elle ne peut donc pas être considérée comme une licence libre, puisqu'elle intègre une clause restrictive."
Parce que les licences libres n'ont pas de clauses restrictives ?? Allons bon, et si je veux reprendre ton travail, rajouter des lignes et licencier mes lignes sous ma licence proprio à moi ? C'est quand même une restriction de ne pas avoir le droit de le faire je pense.
D'autre part, si on considère que le commerce c'est le mal (en caricaturant), tout comme on pourrait considérer que les licences proprio c'est le mal, alors en autorisant la rediffusion commerciale, on entretient le monde dans une logique commerciale, tout comme autoriser une rediffusion sous une licence proprio entretient le monde dans une logique priopriétaire.
Il ne s'agit, de mon point de vue, pas d'une clause restrictive, mais plutôt d'une clause de protection de l'utilisateur. Elle garantit que toute utilisation ou moidification de contenu (ou de code) sera remis à la disposition des utilisateurs, et non intégré dans du code ou contenu propriétaire sans possibilité pour l'utilisateur de bénéficier des modifications réalisées.
Quant à savoir si le commerce, c'est Le Grand Mal ou pas, c'est une autre histoire. Je considère pour ma part que l'intégration du logiciel libre ou des contenus libres dans le monde du commerce ne peut que lui bénéficier. Le commerce, sous son bon profil, c'est la possibilité de bénéficier de capitaux. Nombre de projets libres sont en mal de ces capitaux et vivent en permanence sur le fil du rasoir.